Me Delphine CLAMENS citée dans le MIDI LIBRE du 21/05/2017

Me Delphine CLAMENS citée dans le MIDI LIBRE du 21/05/2017

Combats de coqs, suivi de menaces et d’outrages

Sur fond de coucherie extraconjugale, à Frontignan

C’est lui qui le dit. « J’ai un parcours chaotique. Je suis quelqu’un qui s’emporte assez vite depuis que je suis sorti des assises (sic). J’ai perdu la violence physique. Je parle mais j’ai plus aucune, euh… Et quand je me bats, c’est moi qui morfle ! », devise donc le prévenu. Un artisan au passif judiciaire aussi lourd que des fers de geôle. Condamné en assises à la suite d’un vol à main armée, devant la juridiction correctionnelle pour des ports d’armes, et parfois des violences allant de pair, des vols et tentatives, des conduites sans assurance ni permis et sous l’empire de l’alcool. Mais aussi des menaces de mort. Comme celles proférées à des policiers municipaux frontignanais. Appelés dans la nuit de mercredi dernier, alors que deux voisins en étaient venus aux mains pour une histoire de coucherie de l’un avec l’épouse de l’autre. Une explication qui a vite tourné au pugilat, au cours duquel les deux protagonistes se sont mutuellement blessés. Mais lorsque les agents sont arrivés, l’artisan de 46 ans ne s’est pas calmé. Outrages, menaces de mort et rébellion ont suivi. Quid de « cette explosivité », s’enquiert le président Colombet ?

« Après, verbalement, je fais pas attention » «J’essaie de me faire soigner. C’est sûr, l’alcool m’aide pas (il avait 1,54 g d’alcool par litre de sang, NDLR). Mais je bois festivement, je fais pas attention Et quand je m’emporte, mes paroles dépassent ma pensée. C’est imbécile… C’est quelque chose. C’est exceptionnel. Pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi je suis monté ? Je sais pas du tout ce qui m’a pris ! », poursuit le quadra. Dont le propos exhale un certain repentir mâtiné à la sincérité.

Pas de quoi satisfaire l’avocate des policiers municipaux agressés. Et Me CLAMENS de le dire : « Il a passé la moitié de sa vie en détention. C’est un homme violent connu à Frontignan. » L’auxiliaire rappelant qu’à son arrivée aux urgences, il avait également agressé le personnel soignant. Il y a enfin ces autres menaces de mort proférées à l’endroit de l’épouse et des enfants de l’un des policiers.

« Ils se sont tellement donné de coups qu’il y a eu des blessures assez sérieuses », rappelle en suivant le représentant du parquet. Lequel requiert huit mois, dont quatre assortis d’un sursis et d’une nécessaire mise à l’épreuve. Saris demander le placement sous écrou de l’intéressé.

« Pour moi, cela s’appelle des violences avec arme ! » « Il mérite d’être sanctionné mais aussi de rentrer chez lui et de se remettre au travail », estime Me Mendel en défense. Puis le pénaliste d’évoquer le fait que le con­tradicteur de son client, qui a frappé ce dernier en lui fracassant un pot de fleurs sur la tête, n’a pas été inquiété. « Pour moi, cela s’appelle des violences avec arme ! » Un délibéré plus tard, son client a été condamné à dix mois d’embastillement, intégralement assortis d’un sursis.

 Article de JEAN-FRANÇOIS CODOMIÉ